DEPUIS LES VINGT DERNIÈRES ANNÉES, L’ÉGLISE DU QUÉBEC EST DEMEURÉE DISCRÈTE. À L’HEURE OÙ LA NATION EST EN VOIE DE DISPARITION, LES FIDÈLES ATTENDENT IMPATIEMMENT QUE L’ÉGLISE PARTICIPE AU DÉBAT DE SOCIÉTÉ QUI S’IMPOSE.
UNE ÉGLISE SOUFFRANTE, ACCUEILLANTE ET AIMANTE
Il fut une époque où l’Église était triomphante au Québec. Je fais partie de la génération qui n’a pas connu cette époque car durant mon adolescence, l’Église était déjà dans sa période de déclin des vocations et de la pratique religieuse des fidèles. J’ai donc toujours connu une Église souffrante, accueillante et aimante, remplie de miséricorde. Comme beaucoup d’autres fidèles, j’ai eu de la peine de voir cette Église attaquée de toute part soit par le monde politique ou par les média d’information. Je sentais l’injustice profonde dans ces attaques qui visaient les quelques erreurs de parcours de l’Église du Québec sans qu’il ne soit jamais fait mention du bien immense que l’Église avait fait, durant plus de quatre siècles, et fait encore pour la nation.
L’IDÉAL DE LA DÉMOCRATIE CHRÉTIENNE DU QUÉBEC
Au mois de juin 2001, en lisant le journal Jésus Marie et notre Temps, j’ai appris qu’un groupe de laïcs engagés lançaient un parti politique portant le nom de Démocratie chrétienne du Québec. Lorsque j’ai appris que ce parti voulait gérer le bien commun en s’inspirant de la vision sociale de l’Église, j’ai senti un appel de m’impliquer plus à fond dans un idéal que je partageais avec ces laïcs engagés.
LE PARTI DCQ N’EST PAS LE PARTI DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE
Dès le début, j’ai compris que la Démocratie chrétienne du Québec n’était pas le parti de l’Église catholique et ne le sera jamais parce que l’Église n’est pas un parti politique et ne le sera jamais. Dès le début, j’ai compris également que la vision sociale de l’Église n’est pas un programme politique et ne le sera jamais. Elle donne simplement les lignes directrices basées sur les valeurs chrétiennes pour guider ceux et celles qui s’intéressent aux questions sociales et politiques et aux choix de société qui en découlent. Dès le début, j’ai compris qu’il existe des chrétiens engagés qui militent dans diverses formations politiques et qu’ils doivent être respectés au même titre que ceux qui font partie de la Démocratie chrétienne du Québec.
LA NAISSANCE DE L’ACTION CHRÉTIENNE DÉMOCRATE
Le 26 octobre 2002, suite aux conférences de M. Ghislain Lebel, député fédéral de Chambly et de M. Gilles Noël, Chef du Parti DCQ, je présentais une conférence sur le thème LA DCQ : POUR DES PRODUITS QUI NOUS RESSEMBLENT ET NOUS RASSEMBLENT. Environ deux semaines plus tard, les dirigeants de la Démocratie chrétienne du Québec m’ont demandé de prendre en charge le journal de l’Action chrétienne démocrate et de devenir vice-présidente du Parti Démocratie chrétienne du Québec. Par le cumul de ces deux postes, il devenait évident pour tous que l’Action chrétienne du Québec serait un journal partisan.
IL EST GRAND TEMPS QUE L’ÉGLISE DU QUEBEC S’EXPRIME
Au cours des deux dernières décennies, l’Église du Québec est demeurée discrète à un point tel que beaucoup de laïcs engagés dans la foi, éprouvent le besoin de lui donner une place prépondérante pour s’exprimer. Le journal de l’Action chrétienne démocrate a été créé pour devenir un outil de communication, d’éducation et de réflexion populaire, explicitant outre les orientations du Parti DCQ, la vision sociale de l’Église. Ce journal anciennement appelé bulletin du CINRR donne une place prépondérante à l’Église pour s’exprimer. Si l’Église dans sa sollicitude émet une opinion dans notre journal, cela ne pourra jamais être considéré comme un appui partisan à la Démocratie chrétienne du Québec. Dans une saine démocratie, les partis politiques devraient se sentir libres de citer une opinion d’une autorité ecclésiale au même titre qu’ils sont libres de citer l’opinion de dirigeants d’associations patronales ou syndicales ou de n’importe quel autre source.
D’ailleurs, le Pape Jean-Paul II a déjà posé un geste historique à Rome en novembre 2002. Voici le texte intégral d’un article paru en page 6 du journal Métro du Week-end du 15-17 novembre 2002 que je veux partager avec vous.
Jean-Paul II prend la parole au Parlement
Le Pape Jean-Paul II a prononcé hier une allocution devant le Parlement de Rome, une première dans l’histoire de l’Italie.
Dans son discours à la nation prononcé d’une voix assurée, le souverain pontife de 82 ans a abordé une grande variété de sujets, de la natalité au chômage en passant par les conditions de vie des prisonniers et l’Europe, à qui il a demandé de ne pas oublier ses racines chrétiennes. Les média italiens ont fait grand cas de l’événement, retransmis en direct sur les chaînes de télévision et copieusement commenté dans les quotidiens. Un cameraman a filmé le court trajet parcouru par le Pape entre le Vatican et la Chambre des députés, où l’arrivée de Jean-Paul II a été applaudie debout par l’ensemble des élus.
Long d’une quarantaine de minutes, son discours, qui dressait une liste disparate des problèmes de la société italienne actuelle, a été interrompu plus d’une vingtaine de fois par les applaudissements des députés.
Évoquant le problème du faible nombre de naissances en Italie, où le taux de natalité n’excède pas 1,23 enfant par femme (contre 1,48 en moyenne dans l’Union européenne et 1,88 en Irlande), le Pape a appelé les autorités à prendre les mesures nécessaires pour alléger « la tâche d’avoir et d’élever les enfants, à la fois socialement et économiquement ».
Il s’est inquiété du sort des chômeurs et de celui des détenus, appelant à une réduction des peines pour désengorger les prisons surpeuplées.
Au Québec, nous vivons aussi la disparition de la nation canadienne française. Si le Pape avait résidé au Québec et qu’on lui eut donné l’occasion de s’exprimer à l’Assemblée nationale, il serait probablement intervenu de la même manière qu’il l’a fait au Parlement de Rome. Cette intervention du St-Père est dans la ligne de pensée de l’Église. À preuve, la Charte des droits de la famille promulguée par le Saint-Siège le 25 novembre 1983 mentionne aux articles 10a et 10b ce qui suit :
ARTICLE 10(A)
La rémunération du travail doit être suffisante pour fonder et faire vivre dignement une famille, soit par un salaire adapté, dit «familial», soit par d’autres mesures sociales telles que les allocations familiales ou la rémunération du travail d’un des parents au foyer; elle doit être telle que la mère de famille ne soit pas obligée de travailler hors du foyer, au détriment de la vie familiale, en particulier de l’éducation des enfants.
ARTICLE 10(B)
Le travail de la mère au foyer doit être reconnu et respecté en raison de sa valeur pour la famille et la société.
Le salaire familial proposé dans la Charte des droits de la famille n’est pas un luxe mais une question de survie de la nation. Depuis les vingt dernières années, l’Église du Québec est demeurée discrète. À l’heure où la nation canadienne française est en voie de disparition, les fidèles attendent impatiemment que la voix de nos évêques s’élève à l’Oratoire, dans les églises et les cathédrales du Québec pour proposer des solutions au grave problème de la dénatalité.
Je vous invite à lire la section >>>