La dette du Québec prend du poids. Au 31 mars 2008, elle atteindra les 125 milliards $.
Au cours de la dernière année, la dette québécoise a fait un imposant bond de 4 milliards $. Cette année, elle devrait s’apprécier de près de 3 milliards $.
Depuis leur arrivée au pouvoir, les libéraux de Jean Charest auront ainsi fait progresser la dette du Québec de 14 milliards $. En 2003, la dette québécoise s’élevait à 111,3 milliards $.
À ce rythme, le niveau d’endettement du Québec est d’ailleurs le plus élevé au pays.
N’empêche. Car pour éviter de retomber en déficit, le gouvernement continue de dédier au service de la dette les investissements liés à ses sociétés d’État. Le règlement sur l’équité salariale et la réfection des routes et des écoles québécoises ont également un impact direct sur l’évolution de la dette cette année.
« Il faut remettre en état nos infrastructures pour nos enfants et nos petits-enfants », a martelé hier la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, en défendant ses choix lors d’un point de presse.
À plus long terme, le gouvernement Charest fait le pari que la productivité des entreprises et des travailleurs québécois augmentera considérablement afin de réduire le poids de la dette. Hydro-Québec sera également mise à contribution. Une partie des revenus des exportations d’électricité sera directement versé au Fonds des générations. Cette année, Hydro-Québec et les producteurs privés d’électricité verseront 375 millions $ en redevances. Chemin faisant, au 31 mars 2009, le Fonds des générations comptera une cagnotte de 2 milliards $.
D’ici 2026, Québec espère que l’argent accumulé dans le Fonds des générations permettra de réduire le poids de la dette du Québec de 42 milliards $, soit 25 % du PIB. Actuellement, cette proportion s’élève à 43 %. Pour l’Action démocratique du Québec (ADQ), cette progression de la dette n’augure rien de bon pour les générations futures. « D’ici deux ans, c’est une taxe différée de 7 milliards $ que l’on pelletera par en avant. On fait payer le party à la prochaine génération », a déploré le critique des finances, Gilles Taillon.
L’économiste en chef de la Banque Nationale, Clément Gignac, aurait lui aussi aimé voir davantage de ressources consacrées au paiement de la dette. « On s’en va vers un important déficit intergénérationnel d’ici cinq ans », a-t-il formulé. Selon ce dernier, le gouvernement du Québec devra trouver des sommes considérables en 2011 pour éviter de retomber en déficit. Le Québec n’aura alors d’autres choix que d’augmenter les tarifs d’électricité, de hausser les frais de garderies ou encore de monter les impôts, a-t-il laissé entendre.
D’ici là, le gouvernement s’attend à ce que l’économie québécoise progresse de 1,8 % cette année. Le marché du travail devrait ainsi créer 40 000 nouveaux emplois. Le taux annuel de chômage devrait s’élever à 7,8 %, en baisse de 0,2 % par rapport à 2006.