LA CHARITÉ

Le projet de société de la Démocratie Chrétienne du Québec consiste à gérer le bien commun en s'inspirant de la doctrine sociale de l'Église qui est gouvernée par la charité qui est la vertu dominante dans l’Allégorie du Bon Gouvernement.

 La charité est la vertu sur laquelle nous serons jugés devant Dieu après notre trépas. La doctrine sociale de l’Église est résumée dans son essence dans l’Évangile selon St-Matthieu (25 ; 31 à 46). Voici ce que disait Saint-Augustin sur cet Évangile qui porte sur le Jugement général à la fin du monde. Nous l'avons trouvé dans un vieux livre intitulé Saint Augustin, maître de vie spirituelle; Éditions Xavier Mappus.

VOUS SEREZ JUGÉS SUR L'AMOUR

Tiré du livre Saint Augustin, Maître de vie spirituelle, Éditions Xavier Mappus

J’ai signalé quelquefois à votre charité, Frères, un fait des Divines Écritures qui, je l’avoue, m’impressionne vivement et que je dois vous rappeler souvent.

Je vous prie de penser à ce que dira Notre-Seigneur Jésus-Christ à la fin du monde, au Jugement : il rassemblera tous les peuples en sa présence, il séparera les hommes en deux camps : les uns à sa droite, les autres à sa gauche, et il dira à ceux qui sont à sa droite : « Venez, les bénis de mon Père, possédez le royaume qui vous est préparé dès le commencement du monde. » À ceux qui seront à sa gauche, il dira « Allez au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges » (Matt. 25, 31-42).

Cherchez les raisons d’une telle récompense et d’un tel châtiment : « Possédez le royaume » et « Allez au feu éternel ». Pourquoi les uns posséderont-ils le royaume ? - « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger. » Pourquoi les autres iront-ils en enfer ? - « J’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger. »

Qu’est-ce que cela veut dire, je vous le demande ? Voici ceux qui posséderont le royaume, parce qu’ils ont donné comme des chrétiens, bons et fidèles, parce que, pleins d'espoirs et de confiance aux promesses du Seigneur et dociles à ses paroles, ils lui ont obéi; sinon leur vie, même bonne, n'aurait été que stérile. Peut-être qu’en effet ils étaient chastes, loyaux, tempérants, évitant les mauvaises actions. Si à ces vertus ils n’avaient ajouté l’aumône, ils seraient demeurés stériles. Car ils auraient bien accompli ceci : « Détourne-toi du mal », mais non cela : « Fais le bien » (Ps 35, 15).

Aussi Jésus-Christ ne leur dit pas : « Venez, possédez le royaume; car vous avez eu une vie pure, vous n’avez fait tort à personne, vous n’avez ni opprimé le pauvre, ni envahi le bien de votre prochain, vous n’avez trompé personne par vos serments. » Non, il n’a rien dit de tel, mais : « Recevez le royaume car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger. » Qu’elle est donc excellente la charité, puisque taisant tout le reste, le Seigneur n’a parlé que d’elle !

Aux réprouvés il dit : « Allez au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. » S’ils demandaient : « Pourquoi allons-nous au feu éternel ? » que de crimes il pourrait leur reprocher ! Vous demandez pourquoi, adultères, homicides, fourbes, sacrilèges, blasphémateurs, infidèles ? Pourquoi ? Pour rien de tout cela, mais « parce que j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger ».

Je vous vois impressionnés, comme je le suis moi-même. C’est qu’il y a là quelque chose de vraiment surprenant. De cette conduite étonnante voici, comme je la vois, la raison, et je vous la communique.

Il est écrit : « Comme l’eau éteint le feu, ainsi l’aumône éteint le péché » (Eccli., 3 ; 33). Les lèvres inspirées abondent en témoignages qui attestent la puissance de l’aumône pour éteindre et effacer les péchés. Ainsi chez ceux qu’il condamnera et plus encore chez ceux qu’il couronnera, le Seigneur ne considérera que l’aumône. Il semble dire : si j’examine, si je pèse, si je scrute avec soin vos œuvres, il me sera difficile de ne pas trouver en vous de quoi vous condamnez, mais entrez dans le royaume; car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger. Si donc vous entrez dans le royaume, ce n’est pas parce que vous n’avez pas péché, mais parce que vous avez racheté vos péchés par vos aumônes.

Il dira ensuite aux autres : « Allez au feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. » Mais eux, coupables, longtemps pécheurs, dans un effroi tardif, à la vue de leurs péchés, oseraient-ils dire qu’ils sont condamnés injustement, qu’ils ne méritent pas la sentence que prononce contre eux le juste juge ? En considérant leurs consciences, et toutes les blessures de leur âme, auraient-ils l’audace de dire : « Nous sommes condamnés injustement » ? Sans aucun doute, ils se verront condamnés très justement pour leurs iniquités et leurs crimes.

Et cependant le Seigneur semble leur dire : non, non, ce n’est pas pour cela que vous êtes condamnés, mais parce que « J’ai eu faim et que vous ne m’avez pas donné à manger ». Si, vous détournant de toutes vos œuvres mauvaises et vous tournant vers moi, vous aviez par vos aumônes racheté ces crimes, ces péchés, vos aumônes vous délivreraient maintenant et vous tiendraient quittes de toutes vos dettes. « Heureux en effet les miséricordieux car on leur fera miséricorde ». (Matt. 5 : 7).

 

 
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